
Partout s'organise la résistance contre la projet de loi Création et Internet imaginée par l'industrie culturelle dont les lobbys ont réussi à entraîner les sociétés d'auteurs et une partie des artistes, mais une partie seulement, essentiellement parmi ceux qui sont liés aux Majors.
Cette loi est soit inutile (inapplicable et déjà dépassée technologiquement), soit dangereuse (permettant de contrôler tous les échanges, bien au-delà des fichiers téléchargés). C'est le sujet de la pétition jointe, extrêmement précise et étayée.
Aujourd'hui, Xavier Niel, président de Free, explique que couper Internet sans couper le téléphone et la télé est possible, moyennant un coût de 100 euros par abonné, tandis que le ministère de la Culture affirme que la facture se monterait, pour les différents acteurs concernés, à 60 ou 70 millions d'euros. Qu'importe les coûts exhorbitants, c'est bizarre comme on choisit toujours la pire des solutions. On préfère dépenser de l'argent pour punir et réprimer plutôt que soutenir la création.
La licence globale, proposée par les sociétés d'interprètes opposées au projet de loi a été évacuée, alors que des accords se font sur le dos des auteurs entre les Majors et certains acteurs du réseau comme YouTube. La SPEDIDAM et l'ADAMI rappellent que cette loi liberticide ne prévoit d'ailleurs aucune rémunération des interprètes !
Lorsque j'étais adolescent, j'ai recopié des centaines de disques sur bandes magnétiques, plus tard j'ai enregistré des centaines de cassettes à la radio, pour finalement acheter les disques lorsque mon pouvoir d'achat me l'a permis. Mais surtout j'avais appris à discerner ce qui me plaisait. Si je n'avais pas "piraté" toute cette musique, je n'aurais pas eu accès à la culture, je ne serais pas devenu musicien, et ne serais jamais devenu le consommateur assidu de ces musiques rares qui ne font pas partie des grands courants commerciaux.
D'ailleurs, producteurs des Allumés, qui, parmi vous, avez constaté que vos catalogues étaient systématiquement piratés ? Sur les sites de téléchargement "pirates" on trouve essentiellement les tubes du show-biz, les grosses daubes du cinéma américain. Si nos disques se vendent mal, c'est pour d'autres raisons. Les majors ont réussi à faire peur au public avec des campagnes anticipant la mort du CD, avec des politiques éditoriales frileuses qui ne permettent plus de développer de nouvelles découvertes, alors que ce sont les seuls à pouvoir développer des plateformes de téléchargement compétitives (les majors sont déjà associés à des acteurs du réseau !). La FNAC monopoliste a expulsé nos disques des bacs parce que leur vente ne lui rapportait pas assez, assassinant les petits producteurs après les magasins de disques il y a déjà vingt ans et, plus récemment, les distributeurs...
Et SVM Mac de titrer ce matin : "La Loi Hadopi est dépassée : pirater en toute légalité"...
La réaction a envahi Internet depuis peu, le pouvoir tente de contrôler un des rares espaces de liberté d'expression qu'il n'arrive pas à museler, mais les internautes s'organisent. Réseau des pirates propose par exemple une pétition intitulée "Le Pacte pour Les Libertés Numériques" que vous pouvez lire en cliquant sur "Lire la suite" et signer sur leur site.
Le texte qui précède n'engage que son auteur, les Allumés du Jazz ne faisant pas l'unanimité sur ces positions, et l'association étant subventionnée, entre autres, par le ministère de la Culture et la Sacem, ardents défenseurs des intérêts qui ne sont pas forcément les nôtres, phagocytés par les lobbys de l'industrie musicale et cinématographique, manipulés par les ennemis de la liberté, ou du moins de son fantôme !
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