vendredi 19 janvier 2007
L'autosatisfaction fait-elle vendre ?
Par Jean-Jacques Birgé, vendredi 19 janvier 2007 à 01:17 :: Les sujets qui fâchent

Nous apercevant que les pages du Journal les moins lues étaient celles des nouveautés (rubrique What's New ?), la Rédaction s'est inquiétée des ventes perdues en découlant. Il était donc urgent de défaire le nœud coulant qui nous étranglait et que nous nous étions passés nous-mêmes autour du cou. En relisant les panégyriques écrits par les labels eux-mêmes sur leurs propres disques, et aucun de nous n'échappait à la règle qui s'abattait sur nos doigts ankylosés, nous avons constaté que tous les commentaires se ressemblaient, dans leurs fates boursouflures et leur autosatisfaction consommée. Ainsi fut-il décidé de rédiger un petit questionnaire précis dans ses informations et limité dans son nombre de mots. Jean Rochard eut la brillante idée de réclamer que les labels énoncent les points forts et les points faibles de leurs productions, remarque quasi brechtienne qui ne manquerait pas de faire ruer les producteurs Allumés dans leurs brancards. Pour les uns, il serait bien assez tôt que les auditeurs se fassent eux-mêmes leur idée, pour les autres leurs disques amoureusement conçus ne pouvaient souffrir d'aucune faiblesse. Comment alors se faisait-il que les ventes n'approchent pas celles du disque d'or ? Quelle mouche avait donc piqué la Rédaction qu'elle persiste et signe le questionnaire obligatoire que voici :
1. Genre musical
2. Enregistrement live ou studio
3. Année d'enregistrement
4. Présentation du boîtier (cristal, digipack, formats spéciaux...)
5. Nombre de pages du livret
6. Description en 30 mots maximum (présentation de l'artiste et description du projet musical)
7. Points forts du disque et points faibles du disque
La réponse à l'ensemble formé par les questions 6 et 7 ne peut dépasser 100 mots ou 600 signes.
Un peu de distance ne peut pas faire de mal aux œuvres produites, redonnant confiance aux acheteurs potentiels en leur apportant des informations plus précises et offrant aux acteurs des perspectives d'amélioration pour l'avenir. La perfection ne peut être que la fin d'une histoire, elle est incompatible avec la notion de progrès et signifierait la mort de celui ou celle qui l'atteindrait. Il y a surtout des manières astucieuses de faire une force de ses faiblesses. Avons-nous d'autre choix ? Dans le monde du disque comme dans le secteur culturel, le temps ne semble pas propice à l'autosatisfaction...
jjb

